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Les légumes sont-ils genrés ?

Les Paniers du petit Lucien @ épisode 15


Alors dans #lespaniersdupetitlucien de la quinzaine, il y avait des légumes d’un drôle de genre : des oignons à fleur de peau, un céleri boule sans cochonnet, un chou pommé, des carottes a sang chaud, une laitue silencieuse, des patates pas toutes douces et des fraises masculines à en jouer. Pas de doutes, c’était bien là mon premier panier LGBT-QIA+ de Légumes à Griller, Braiser, Tartariser, et à genre Qualitatif, Irréprochable, Appétissant et + encore.


Donc la question s’est posée : les légumes sont-il gendrés ?

Car la cuisine, à les dresser les uns à côté des autres, leur reconnait un grand esprit communautaire, pour avoir grandit dans un jardin partagé.

Les patates commencent à germer sur la question fondamentale de savoir si elles sont une pomme de terre ou un tubercule. Elles qui par nature ont les pieds sur terre, font remarquer que leur semence s’appelle un plan. Et ce doit être un sacré bon plan compte tenu du rendement, et ce quand bien même il pousse dans un tunnel de plastique.

Elles s’estiment discriminées d’avoir des racines, une tige, un cortex, des yeux, et une couronne, de porter des fruits et des fleurs pour être reléguées dans la castre des féculents, ce légume intouchable, et être condamnées à n’être jamais qu’un accompagnant.


La pomme pomme girl de service, une Belle de Fontenay qui cogite du chapeau, revendique le droit à un beau mariage.

Elle compte bien pouvoir frayer avec une Huile jusqu’à l’Eglise ; elle se rabattra finalement sur un bon vieux vinaigre, mais en Basilique.

On veut les cuisiner en omelette. Mais les oeufs en font tout un plat. Considérant qu’une omelette est un ovule battu à mort, et que le débat d’avec les poules n’est toujours pas tranché, à savoir qu’un oeuf peut redevenir poule sans jamais pouvoir être papa, les oeufs ont croqué un Monsieur à dessein, lui permettant de pouvoir désormais se faire appeler Croque Madame.



Spécialistes du dérapage, les carottes ont exhibé leurs racines qu’on n’a pu qualifier d’attributs tant ils étaient si peu attribuables ; elles présentaient des extrémités d’identité, d’infection et de religion très variés.

Une carotte intersexuée à racine fourchue, anomalie liée à un sol riche en pierres qu’on lui a sans doute trop jeté, côtoyait un modèle dont la conséquence le destinait implacablement à être marié à l’Aïe.


Comme les carottes ont réputation de changer de formes et de couleurs au gré de l’arc en ciel, l’une est devenue un carrot cake, une autre est passée aux céréales et s’est faite sérieusement casser du grain.

On en a surpris qui devaient sortir d'une boîte car elles et leurs fanes étaient tellement chargés en carotène qu’on bronzait rien qu’à les regarder. On apprendra plus tard que la bande qui venait de Mirepoix à rencontré une de Brunois, et qu’elles se sont tailladées à l’économe.

Quand on pense qu’on prête aux carottes de convenir à tous les régimes, on les associe bien trop souvent au vichy, alors que c’est loin de couler de source.


Une salade d’un genre exceptionnellement fournie en feuillage, sans doute une ancienne frisée grimpante qui a renoncé à sa féminité, s’est avérée colonisée par quelques rampants prêt à faire ami ami avec le premier crouton venu. En quarantaine dans du vinaigre blanc, elle a qui on prête d’être pleine de phosphore était une vraie bombe à retardement.



Un oignon rose, un jaune et un oignon vert qui s’appelle très officiellement une échalote estiment que la question de leur genre est moins importante que celle de leur sexualité.

Loin d’être coincés du bulbe, bien qu’élevé en chapelet, on les cuisine à toutes les sauces. Victimes de tous les préjugés, on leurs prête d’aimer se le faire bourrer sans être pour autant bourratifs, de se faire carrer alors qu’ils sont ronds, d’avoir le vent mauvais, et même d’indiquer l’heure en refoulant du gousset.

D’ailleurs, les cébettes sont loin d’être connes et les Grelots qui ont les plus grosses sont réputés faire le plus pleurer.


Le chou rouge pense qu’il est une femme puisqu’il colore l’eau du bain et qu’il tombe toujours dans les pommes, et le Céleri estime qu’il est gai puisqu’il est chauve et qu’il pousse dans le Marais… Du reste, on l’appelle aussi Persil du Marais vu que son humour est très ciselé.


Les fraises jouent les précieuses posées lascivement sur leur papier bulle ; elles ne savent pas qu’elles jouent une course contre la montre et que d’ici deux jours, elles auront l’air avachies, et baigneront dans leurs fluides sur leur matelas anti escarres.

Deux bicolores, dont une seule équeutée, semblent indécises sur leur identité et sortent du lot bien que partageant le même code barre. Elles nous disent préférer être un entre-deux plutôt qu’un entremet. Elles travestissent la vérité, car elles ont juste oublié de prendre le soleil d’un côté et aurait rendu service à tout le monde d’apprendre à se retourner.


Ce panier nous rappelle qu’on adore les fruits et les légumes pour la richesse de leur diversité, le relief qu’ils apportent à n’importe quel plat, et parce qu’ils illuminent toutes les gastronomies.

Mais qu’à dépenser toute cette énergie à s’enfermer dans des petits pré carrés, on fini au rayon des bouillons cube, tout déshydratés.


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