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Les dessous de la Brasserie Schutzenberger

Les sous-sols de Schiltigheim sont l’objet de tous les fantasmes, chacun s’y imagine en Howard Carter en herbe, tout en espérant que rien ne se passe sous sa maison.

Mais que se cache t’il sous ceux de la Brasserie Schutzenberger ? Visite guidée.



Pour commencer, un plan. Une superposition sans dessus dessous pour imaginer sur quoi sont posés ces bâtiments, cette ville dans la ville toute proportion gardée, couvrant 7000 m2 sur un terrain total de 3 hectares.

Disposées en râteau et parfaitement parallèle, elles ressemblent à s’y méprendre un plan de la vallée des rois, mais ici pas de cadavre dans les placards, mais néanmoins quelques trésors, rien de fantasmagorique dans cette histoire-là.

Les caves sont une installation souterraine posée 8 mètres sous terre, et creusées dans le lœus, dont elles suintent l’humidité à la moindre averse. On y trouve 3 salles de brassages rivetées à l’ancienne, une, voire deux salles de fermentation (il semblerait qu’une seconde apparaisse dans des archives, jamais trouvée), et de magasins de stockage (et leurs fûts), ainsi que des citernes pour stocker la glace. L’ensemble permettant de faire de la bière sans électricité et à température constante toute l’année (13°).

Les galeries, dont une des entrées se situe sous le bâtiment actuel de fermentation, lui-même posé sur 3 étages de cuves de garde (105 cuves), ont été abandonnées par la construction des bâtiments fin XIXe (l’actuelle salle de brassage date de 1936) ; seule une spectaculaire galerie flanquée d’une piscine de traitement des eaux et d’installations de froid industriel et de pompage restera en activité, animée par quelques derniers soutiers abandonnés-là dans une ambiance digne d’un roman de Zola.

Cette véritable usine souterraine impressionne par la richesse de ce qu’elle contient, véritable témoin de l’histoire du brassage, que par ses dimensions ; et l’on ne peut s’empêcher de comparer ces installations avec celle qui les coiffent en surface, d’une modernité toute relative si on imagine que près d’un siècle les sépare.

La majeure partie de ces galeries reste à explorer, certaines ayant reçu les excavations des bâtiments de surface en construction ou en démolition au fil des ans (y compris des charpentes), dans un fatras qu’on pourrait imaginer être des éboulis, et qui en empêche l’accès.

C'est finalement sous les bâtiments de la rue des chasseurs que se loge ce mystère, surveillé par les pompiers de l’Eurométropole et dont le sort dépendra de l’affectation des bâtiments.


En effet, si un promoteur se doit de fournir un terrain durablement stable à de futures copropriétés (comme pour le terrain anciennement Perle/France Telecom, qui fut lui aussi un terrain Schutzenberger), rien n’empêcherait techniquement une exploitation commerciale, comme ce reportage photo sur la brasserie Hürlimann à Zurich, dont les Schilikois ont forcément entendu parler, et qui m’apparait toujours dans l’air du temps


L'Alchimiste (Patrice Snoeck), dernier soutier encore vivant.



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