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Salle d’allaitement, un service hors pair !

La question n’est pas anodine, et elle a mis 10 ans avant de s’installer, principalement dans les centres commerciaux, et pour répondre à un problème de société et une problématique commerciale.


Parce que ce sont bien des promoteurs que vient l’idée et non des femmes elles-mêmes qu’on a souvent vu bien plus intraitables que sur le sujet de la traite…


Et pour cause, l’allaitement pose problème à la société, y compris aux protagonistes car elle est une source de gêne, un tabou croissant avec la civilisation.

Elle trouve à l’allaitement un geste sexualisé, exhibitionniste, ou au contraire intime qui donne à voir un sein qu’on ne saurait voir, un symbole d’une liberté toute relative, d’une Mariane dont le peuple a appris à se nourrir tout seul.

Sans vouloir entrer dans les considérations pudibondes, on note néanmoins une recrudescence des gestes agressifs qui a interpelé le législateur. Car la pratique et la sensibilité du sujet de font l’objet d’aucun texte. Et l’usage d’aucune tradition si ce n’est d’avoir préféré les nourrices bretonnes réputées pour la qualité de leur lait et l’abnégation de se retrouver avec des crêpes.


Jusqu’ici, donner la tétée, c’était s’entêter.


Il faut dire qu’avec une telle pression avant d’avoir ouvert le moindre robinet, on peut imaginer que les femmes rechignent à déballer le soutif à chatière, sans en connaitre la portée.


Si environ 60% des femmes allaitent, l’organisation de la vie et surtout du travail ont raison de la pratique sur la durée et ce, avant l’arrivée des premières dents de lait.

Élevé sous la mère certes, mais surement pas dans ses jambes.


Vient alors le passage de l’allaitement à la traite. Autant dire qu’on est pas sortit de l’auberge…


Tirer son lait sans en faire un fromage


La problématique du service, c’est de permettre aux femmes qui allaitent de pas avoir avoir le stress de la présence de l’infrastructure (pour peu qu’en plus elles roulent en électrique…) et de pouvoir trouver des conditions de confort, tranquillité, d’hygiène et d’intimité nécessaires le moment venu, à ventouser Romulus et Rémus sans provoquer la chute de Rome.

Cela répond également à un désir moins altruiste et purement commercial de garder Madame et ses louveteaux une à deux heures de plus sur site avant de les lâcher en éclaireurs.


La salle d’allaitement c’est un bon deal réciproque entre un bébé qu’on presse d’avoir faim à la montée, et les aléas de la bouffe-on-demand sans la descente.

Un endroit discret ou on peut secouer un Laurel pas très hardi, un nourrisson qui s’accroche mordicus ou une Aurore empêtrée dans son aube et qui s’endort à la tâche.

On se venge à la tétée de ce qu’on a plus le droit de faire à la fessée…

L’endroit est équipé d’un siège, micro ondes, chauffe biberon, et une table à langer pour passer fissa du coq à l’âne. C’est le premier qui braille, le second se contente d’acquiescer.


La salle d’allaitement et de traite du Shopping Promenade Cœur Alsace est implantée face au marché paysan, avouez que c’est cocasse.


Pour être honnête, le design des toilettes n’est pas l’œuvre majeur du cabinet d’architecture espagnol L35, les couleurs et les matériaux qui baignent dans une lumière blafarde oscillent entre l’inox d’une salle d’autopsie et des mosaïques un peu seventies.


Du coup, notre salle et son fauteuil pas très avenant prennent des allures de salle de shoot où j’imagine qu’on aura pas trop envie de s’attarder… Comme dans tout centre commercial, on se dépêchera de se faire presser le citron ! ...

Tiens, en espagnol, allaiter se dit amamantar, un de ces mots trop rares qu’on peut prononcer sans avoir besoin de dents.

Ce sera le mot de la faim. Ce sujet m’a tari.


L'Alchimiste.

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