Sur un air de Bödälä, la chaleur s'empare du train
- Patrice Snoeck

- 7 sept. 2025
- 3 min de lecture

Un mercredi caniculaire
le 3eme jour d’un un bel après midi caniculaire, c’est repartit pour la Suisse ou je blanchis de jour en jour et dans mon tout premier train un sac contenant des chocolats bien français de chez Pierre Hermé et un portable en idéogrammes de chez Huawei ont été oubliés.
Par chance son contenu est identifiable en plus d’être consommable et évitera un process de bagage oublié.
Il s’agit forcément d’un sac appartenant à un touriste, un retour à Colmar avec mon trajet suivant me semble la meilleure stratégie, que je mets dans un coin de ma tête déjà très farcie depuis la veille.
A peine descendu sur le quai flanqué du fardeau chocolaté qui vire Nutella, l’agent de quai qui est au courant me rejoint en tendant les bras et la scène est digne de retrouvailles de témoins de mariage vite troublée par une dame qui vient à moi et me signale un malaise dans le train.
Déjà à l’intérieur un attroupement qu’on disperse se penche sur une jeune fille en détresse respiratoire.
Ni une ni deux, on demande l’aide de médecins à bord qui apparaissent instantanément à trois comme par magie, tandis que les pompiers sont déjà en route.
La Suge est déjà a bord et délimitent la scène qui prend des allures de tapis rouge en attendant ces deniers.
Mes 3 Rois Mage apportent un soutient d’une efficacité redoutable ou la Myrrhe aurait joué parfaitement son rôle, grâce à un protocole d’une grande douceur, et l’arrivée des pompiers sonne l’Epiphanie ; bientôt le train qu’on menaçait d’un terminus à Colmar s’il n’avait été aussi plein, repart sous le cagna et toute les équipes maison qui ont eu un vrai coup de chaud reprennent le cours des choses.
Je prend congé de la jeune fille non sans m’être enquis de son état de santé auprès des pompiers et le train repart pour ses deux derniers arrêts ou il arrivera avec 45 minutes de retard, remerciant au passage les protagonistes et les passagers de leur aide, leur patience et leur bienveillance à ne pas avoir rajouté un supplément d’énervement.
Le dernier train me conduit à Mulhouse ou l’hôtel a placé tous les cheminots côté voies histoire de profiter des travaux nocturne de la Gare, comme pour nous en punir, et où la nuit prendra des allures de syncopes successives ou une meuleuse décide de vous ramener coûte que coûte à la vie.
un jeudi ou la gare s'asphixie
J’embarque à Mulhouse pour reprendre le train à son titulaire une fois à l’arrivée à Strasbourg, sans encombre mais pas sans encombrant, mais cela, ce sera pour plus tard.
L’aller retour se passe bien jusqu’à l’arrivée à Mulhouse, sur une voie inhabituelle ce qui augure qu’elle est occupée par un autre train. Et en effet, nous sommes retenus en gare car un fret devant nous est tombé en rade et quel rade, puisque la seule sortie vers la mer est bloquée.
Déjà s’entassent un fret, mon TER et un TGV. Le Signal repasse au rouge comme tout bon dentifrice qui assure une protection complète, dès lors qu’il a surtout fonction d’espacer les trains et leur assurer d’être les seuls dans leur canton de voie et conséquemment, de pas s’accoupler malgré eux.
Je décide d’aller à la rencontre des passagers pour expliquer la situation et les options, qui pourraient être un contournement en contresens pourvu qu’on prenne un autre train, le mien étant prisonnier de cette nasse, encore une métaphore empruntée à la mer comme pour dire qu’on est jamais seul dans la tempête. Sauf que la plupart du temps, nous le ferroviaire, on en revient !
Il faut 30 minutes d’explications en anglais et en français à des voyageurs bien moins compatissants qu’hier soir avant que la situation se débloque d’elle-même, le train qui bloque et donc débloque ayant réussi à redémarrer son engin moteur. Et de décongestionner la sortie pour qu’enfin on envoie les trains vers leur destin.
Que dire de leur Karma, dans cette périlleuse tournée qui m’a laissé sur les rotules.
Bientôt de nouvelles aventures dans le prochain épisode des Tribulations du Tribun du Train
L'alchimiste #TTT



