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Le Bokashi fait entrer la cuisine en religion



Au départ une idée sur l’aménagement de la cuisine et une réflexion sur sa production de déchets.

D’un côté, le bac jaune en haut du podium qui a ramassé la mise depuis qu’on y jette pots de yaourt en plus des suremballages, qui donne à la cuisine des allures de décharge à ciel ouvert et de terrain de basket, le pot de yaourt qui joue le mauvais allié, refusant toujours de jouer dans la raquette et marquer le panier.

Sur la seconde marche, la poubelle classique, devenue surdimensionnée, et donc qui finira par dégager une odeur d’animal mort, vu qu’on y jette la carcasse du Poulet du dimanche qui sent bon l’enfance le lundi et la maison de retraite le mardi.

Elle reçoit également les déchets plastiques souillés issus de l’industrie pétrochimique, et comme il est bien mal avisé de vouloir les faire retourner à la terre, on les retrouve désormais principalement en mer.

Et toujours le bac à verre usagé, qui, planté dans le décor depuis 30 ans, s’est trouvé une place près la porte d’entrée comme un fidèle compagnon qui demande à sortir, entre les Crocs et les Broks.


Punaise, mais c’est bien un composteur de cuisine qui manquait dans ce trio de boites à clapets, histoire de séparer le vivant du mort, la viande du lait, le zeste de l’orange, un geste révélateur de mon entrée dans ma nouvelle religion.

Ainsi débarque le Bokashi, qui est à l’éplucheur de légumes ce que le seau à compost est à l’économe. J’en ai choisi un beau, un Organko®, design primé et bandoulière, histoire d’aller au composteur collectif comme on va à confesse, avec ses petits secrets qui puent scellés sous son bras.

L’accélérateur de compost, à savoir un mélange de bactéries et d’enzymes, est également entré dans la maison, avant la toilette sèche et après la litière pour chat, et promet de décomposer les épluchures d’une famille de 4 personnes en moins d’un mois ; dans les faits, il lui en faudra pas moins de deux pour décomposer celles d’une seule personne, car il s’agit en fait d’une famille de 5 fruits et légumes recomposée.

Comme un plat qui se mange froid, on découvre la saveur vengeresse du jus de Bokashi au bout d’une semaine. Ce fumet terre-mer mais plutôt mer, qui emplira la maison tout autant qu’un mijoté mais en piquant davantage les yeux que la fabrication d’une soupe à l’oignon, sera évacué dans l’évier dont on dit qu’il est le meilleur déboucheur de canalisation qui soit.

Il sera également infligé à ces plantes vertes un peu feignasses en leur brûlant les pieds, histoire de les inciter à passer au niveau supérieur côté purification de l’air.

Mais il finit par venir, ce moment ou l’appareil déborde et dégorge de ses 15 litres devenus 20 kilos, qui doivent rejoindre le composteur collectif, la grande famille des rebuts du potager, autant que ne processeront pas les industriels du vegan !

Cette mise à l’épreuve de vos convictions se fait équipé d’une paire de gants de vaisselle, à défaut d’un gant de fouille et de veulage. On prend alors son courage sans ses deux mains, on respire un grand coup à asphyxier Jacques Mayol et on balance l’avorton, en priant qu’il se libère en une seule fois.

On se ruminera en boucle que « c’est pour la bonne cause » on retiendra tout ce qui pourrait sortir de sa bouche, jurons ou fluides corporels, qui souilleraient ce compost si proprement ruminé.


L'Alchimiste.


L'Eurométropole de Strasbourg subventionne votre Bokashi (ca marche!). C'est ici.

Nature & Découvertes (composteurs, organiques/lombrics)


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